Environnement

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Les premières observations de la saison 2024-2025 montrent une nette hausse des nids de tortues marines sur le littoral réunionnais. Une dynamique positive qui confirme l'importance des efforts de protection et de sensibilisation menés sur l'île.

Une tortue verte évolue au large du lagon de l'Hermitage, à La Réunion. © Thierry Hoarau / Parc marin de La Réunion

Sur les plages de l'Ouest, la saison de ponte des tortues marines 2024-2025 démarre sous de bons auspices. Selon les dernières observations du réseau d'observation des tortues marines (RTM), une cinquantaine de nids ont déjà été recensés depuis le mois de septembre, contre une trentaine à la même période l'année passée. Une progression encourageante, qui témoigne de la bonne santé des populations et de l'efficacité des actions de protection menées sur le terrain.

Pour les observateurs, ce démarrage précoce n'a rien d'anodin. Les femelles adultes reviennent généralement pondre sur les plages où elles sont elles-mêmes nées, parfois des décennies plus tôt. « Chaque retour est un petit miracle statistique : seule une tortue sur mille atteint l'âge adulte », rappelle Élise Payet, biologiste au Parc marin de La Réunion.

Chaque nid compte. C'est le signe que nos plages restent des espaces vivants, et que la mobilisation porte ses fruits.

— Julien Marchal, coordinateur du réseau d'observation des tortues marines

Les tortues vertes et les tortues imbriquées, principalement, continuent de choisir les plages réunionnaises pour venir pondre. Les sites de l'Hermitage, de Saint-Leu et de l'Étang-Salé figurent parmi les zones les plus actives cette année. Les équipes de bénévoles, appuyées par le Parc marin de La Réunion et les communes, assurent une surveillance nocturne et un balisage des nids pour les protéger des piétinements et de la prédation.

Une mobilisation qui s'organise

Sur le terrain, le dispositif repose sur une centaine de bénévoles formés, qui se relaient chaque soir sur le littoral. Leur mission : repérer les traces laissées par les femelles sur le sable, sécuriser le site de ponte et consigner chaque observation dans une base de données partagée. Ces informations permettent ensuite de mieux comprendre les cycles de reproduction et d'anticiper les périodes de forte affluence.

Les communes de l'Ouest jouent également un rôle déterminant. À Saint-Leu comme à Saint-Paul, des opérations de sensibilisation ont été organisées auprès des riverains et des commerçants du front de mer. Extinction des éclairages publics aux heures sensibles, nettoyage manuel des plages, information des vacanciers : les initiatives se multiplient, avec des résultats déjà visibles.

Reportage RÉSO TV — sur les traces des bénévoles du littoral ouest.

Au-delà des chiffres, cette saison rappelle la nécessité de préserver durablement ces espèces menacées. Les autorités appellent à la vigilance : éviter de déranger les tortues, limiter l'éclairage sur les plages la nuit et signaler toute observation au réseau d'observation. « La protection des tortues marines est l'affaire de tous », rappellent les associations, qui comptent sur la mobilisation des Réunionnais et des visiteurs pour que cette dynamique positive se poursuive.

Reste que la prudence demeure de mise. L'érosion du littoral, la pollution lumineuse et les déchets plastiques continuent de menacer les sites de ponte. La saison s'étendant jusqu'au mois d'avril, les prochaines semaines seront décisives pour confirmer cette tendance. Les premières émergences de bébés tortues sont attendues d'ici la fin de l'année, un moment toujours très attendu par les équipes de terrain.